La majorité des jeunes réfugiés qui se trouvent en Grèce ont moins de 11 ans tandis que 90% des mineurs isolés ont plus de 14 ans. 23% demeurent dans des foyers d’accueil ouverts, 20% chez HESTIA et à peine 4% se trouvent dans ces centres d’accueil et d’identification.
On estime que fin 2021 plus de 28000 enfants réfugiés se trouvent en Grèce, parmi lesquels 2225 étaient non accompagnés, conformément aux données issues du Haut-Commissariat aux réfugiés (UNHCR) et du Centre National de Solidarité sociale (EKKA), données présentées lors du point d’information organisé par le Centre d’Action Sociale et d’Innovation (KMOP) sur le sujet « Enfants isolés et séparés de leurs familles : profils, statistiques, défis et besoins ».
Mme Georgia Halkoutsaki du Groupe pour la Protection des enfants du UNHCR, a insisté sur le fait que pour la première fois depuis longtemps, le nombre d’enfants présents en Grèce s’approche des capacités du système national d’accueil de ces enfants, environ 2500 places. La plupart des enfants réfugiés présents en Grèce ont moins de 11 ans, tandis que les réfugiés non accompagnés ont, à 90%, plus de 14 ans. 23% demeurent dans des foyers ouverts, 20% chez HESTIA et à peine 4% se trouvent dans des centres d’accueil et d’identification – pourcentage en très nette diminution par rapport aux années précédents. À titre indicatif, Mme Halkoutsaki a mentionné que Moria ont séjourné plus de 2000 enfants non accompagnés dans un camp de l’État prévu pour accueillir à peine 120 enfants.
Elle a aussi fait référence au Dispositif National de Protection des mineurs non accompagnés, créé en janvier 2021 par l’UNHCR, le Secrétariat spécial pour la Protection des Mineurs non accompagnés du Ministère de la Migration et de l’Asile, et Metadrasi (Organisation agissant pour la migration et le développement), dont le but est de localiser sans délai et de déplacer en lieu sûr les enfants sans abri et mis en danger par leurs conditions de vie. Selon Mme Halkoutsaki, entre avril et décembre 2021, ce Dispositif a permis de localiser et de placer dans des foyers d’accueil appropriés plus de 760 enfants sans abri.
Concernant les défis qui restent à relever pour l’accueil et le soin des enfants non accompagnés et séparés de leur familles, Mme Halkoutsaki a parlé de la diminution des flux de réfugiés mais aussi de leur caractère imprévisible, des conditions de vie difficiles particulièrement dans les îles, des populations vulnérables, de la santé mentale et des insuffisances qui demeurent dans le traitement des problèmes de cette sorte, des procédures d’enregistrement complexes et interminables, du manque d’organismes spécialisés pour les enfants qui ont subi des violences psychiques ainsi que pour les enfants exclus du système éducatif.
La difficile localisation
Mme Adamantia Kotsoglanidi, Assistante sociale rattachée au Conseil Grec pour les réfugiés, a parlé des difficultés et des défis qu’affrontent les professionnels sur le terrain. Elle a notamment évoqué les difficultés rencontrées pour localiser les réfugiés mineurs non accompagnés qui se signalent principalement eux-mêmes ; le problème du trafic pour une exploitation par le travail ou sexuelle ; la question des enfants qui entrent en Grèce sans papiers et ne peuvent avoir accès au Système de santé grec ; l’examen des demandes d’asile en tant que personnes majeures ; l’absence d’assistance juridique fournie aux jeunes dans les zones frontalières pendant la durée de la procédure ; l’estimation de l’âge des enfants ; leur intégration dans le système éducatif ; les insuffisances dans le mécanisme de soutien des jeunes après leur majorité ainsi que la question du placement, rendu encore plus difficile en raison des démarches légales interminables.
Concernant les bonnes pratiques et les bonnes propositions, Mme Kotsoglanidi a tout particulièrement insisté sur la nécessité d’une tutelle stable, car il est très important que les mineurs non accompagnés reçoivent des soins individualisés. Elle a aussi souligné la nécessité de développer des programmes pour les jeunes âgés de 18 à 21 ans, pour combler les grands vides existant dans le soutien des jeunes majeurs ; la nécessité de la présence d’interprètes dans les structures de l’État, avec une priorité pour le Système national de Santé ; et l’importance du placement.
Le point d’information a été réalisé dans le cadre de l’action européenne « FA.B ! Family-Based Care for Children in Migration », afin d’améliorer le système de soin familial alternatif et de placement pour les jeunes migrants-es et réfugiés-es non accompagnés et de favoriser le bien-être de ces enfants et de meilleures conditions de vie pour eux. En présentant l’action au nom du Centre d’Action Sociale et d’Innovation (KMOP), Mme Iliana Konstantopoulou, Responsable de programme et psychologue, a notamment mentionné les raisons pour lesquelles les enfants quittent leur pays et se retrouvent seuls, ainsi que les dangers qu’ils affrontent, dangers physiques, psychologiques et financiers, mauvais traitements, violence, discriminations mais aussi trafics et exploitation.
Ce point d’information était le premier d’une série sur le thème du placement, programmée par le Centre d’Action Sociale et d’Innovation (KMOP) en janvier et février. La deuxième rencontre, sur le sujet « Cadre juridique et droits pour les enfants non accompagnés et séparés de leur famille » aura lieu le mardi 19 janvier 2022 et la troisième, sur le sujet « Priorités pour l’intégration des enfants non accompagnés dans une prise en charge familiale » le mardi 26 janvier 2022.
Source: www.in.gr